Europe 1, Number 1 des podcasts.
La marque radio-ringarde préférée des seniors est devenue, en quelques jours, référente auprès des podcasters (i.e. les d'jens).
C'est bien la preuve que dans notre société post-post-morderne (sic!), ce n'est plus seulement l'émetteur qui se définit lui-même face au récepteur mais bien le media qu'il utilise.
(espérons que Le Pen ne se mette pas au blog)
Par Matthieu Barré
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J'ai aujourd'hui écouté, un instant dans la voiture, un interview de Jacques Séguela sur Europe 1 donné, je crois, pas Tadeï. Intéressant.
Séguéla, c'est le papy de la pub. Nous ne sommes pas des "fils de pub" désormais, mais des petits-enfants de la pub... des petits enfants qui, comme les 68ards se sont opposés aux valeurs de leurs anciens, n'aiment plus la publicité. No Logo, Attac, José B., le livre noir de la pub, etc. sont autant de signes qui depuis 2/3 ans nous indiquent clairement que la pub n'est plus... n'est plus ce qu'elle était. Même si elle continue à faire rêver, on ne l'aime plus (cf. étude Ipsos d'Octobre 2005, dirigée entre autres par M; Leclabart, DG d'Australie).
La pub est désormais autre. Elle n'est plus seulement le spot TV 30'', elle est tout les moyens de communication qui s'harmonisent autour de l'idée de la marque, de l'entreprise et qui la font rayonner.
La publicité aujourd'hui, a étendue son champs de définition. La publicité, c'est la forme de la "relation" qu'engendre une marque avec sa cible, par tous les canaux.
Les gens ont peurs (cf. billet d'hier), ils se sentent vulnérables (d'ailleurs j'ai appris aujourd'hui que l'indice interculturel de "l'incertitude" est de 83 pour les français -record européen, 100 étant la note qualifiant l'incertitude maximale). Du coup les gens ont besoin de partenaires solides pour se sentir plus forts. Et les marques ont là quelque chose à jouer en créant une relation unique et forte avec son client. Elles doivent, quand elles le peuvent, mener un combat en son nom. Leclerc se bat contre le pouvoir au nom des consommteurs. Apple se bat contre l'uniformité monolithique au nom de ses clients. Le Fnac se bat pour l'ouverture de la culture à tous au nom de ses clients. Air France se bat pour la sérénité au nom de ses clients. Et c'est vrai que... on se sent mieux, plus fort, plus positif quand on est dans un hyper Leclerc que dans un hyper Carrefour, plus à l'aise à la Fnac que chez Virgin, plus confiant dans un avion Air France que dans un avion Lufthansa. On sent bien moins con quand on utilise un Apple qu'un IBM.
Pour conclure, Jacques Séguela n'a pas parlé de tout cela. Il a seulement expliqué ce qu'il a réussi à faire il y a 35 ans pour Afflelou et Vuitton. Il a dit qu'internet est le media de l'avenir (merci Jako pour l'info). Bref, malgré sa fonction de Créative Executive Director chez Havas, il faut que ses petits enfants lui disent merci, et le remercient. Il faut vite courir vers demain, vers la "publicité 360° relationnelle."
Par Matthieu Barré
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Mercredi 14 décembre 2005
Les gens se sentent vulnérables. Ils ne le sont pas plus qu'il y a 10 ans. Ce n'est qu'un sentiment.
Un sentiment de vulnérabilité généré par une projection dans le futur extrêmement angoissante et une vie dans le présent insaisissable.
Le futur fait peur ! Comme m'a dit l'autre un jour (Bernard Cathelat, co-fondateur du CCA, institut de prospective comportementale) : "pour les gens; le futur c'est quand tu marches sur un sable mouvant, dans le brouillard et que tu vas te péter la gueule contre un gros point d'interrogation".
Il y a 20 ans, on savait ce que l'on va faire de sa vie ; tout était tracé : la maison, la famille, les emprunts la retraite. Aujourd'hui, on ne voit pas au-delà d'un an. L'angoisse.
La faute à qui ? A tout le monde ou plutôt à certaines choses : les media notamment. Pour la première fois depuis la création de l'humanité, les Hommes ont pu vivre en direct-live l'effondrement des Twins, le Tsunami, la guerre Irak, les banieues, etc. Et puis la faute aux politiques aussi : des morts contre du pétrole en Irak, les mensonges de Blair, les détournement de notre président de la République, etc. Et puis la faute des entreprises aussi : leur credo "croissance = plan social" dégoûte.
Du coup, quand on regarde le futur, l'avenir, on a peur, on se sent vulnérable, pour nous, mais aussi pour nos enfants. Et ce sentiment de vulnérabilité paralyse les actions du présent.
Il devient qu'un sentiment de force envahissent les gens. Et pour ça ils ont besoin de partenaires fiables, solides et positifs.
Mais où sont ces partenaires ? Les chefs d'entreprise, sans aucun doute ; les politiques, c'est leur raison d'être ; les marques, pourquoi pas ? ; la religion, les croyances spirituelles, incontournables !
Par Matthieu Barré
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Dimanche 11 décembre 2005
M'y voici. Victime de la nécessité collective de se retrouver seul face à son écran. De pouvoir se poser, un instant, sur un sujet, alors que le rythme quotidien ne nous le permet pas. De partager ce sujet avec le monde, alors que chacun ne peut plus discuter in real. De me défouler (on en a bien besoin).
Le blog incarne par excellence le grand virage de notre monde. Il y a le feu, la roue, et le blog.
En un clic d'oeil, je me connecte à la grande toile-web, matrice flottante du monde. Mes pensées envahissent le monde. Thoughts Spreading. Certains parasites m'encerclent de leurs fils (RSS), m'épient, m'attendent, sans me saluer. Je ne les salue pas. D'ailleurs, je ne vous ai pas salué. Le blog, ce n'est pas la courtoisie. C'est "je dis donc je suis".
Mon blog, j'espère pouvoir tenir cette promesse, va régulièrement, de manière spontanée donner un reflet de notre monde. Le reflet qui se meut sur le miroir que je tiens.
Je vais dans quelques instants cliquer sur le lien "mettre en ligne l'article". Je me dis que je vais poser mon doigt sur a surface du miroir ; sa texture va courir sur ma main, l'avant-bras puis le bras, puis le corps entier, pour enfin envahir mon être tout entier par la gorge.
(Et puis non, Matrix n'est qu'une fiction... mais oui... ... bon, je clique... à tout de suite)
Par Matthieu Barré
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