Dimanche 11 décembre 2005
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M'y voici. Victime de la nécessité collective de se retrouver seul face à son écran. De pouvoir se poser, un instant, sur un sujet, alors que le rythme quotidien ne nous le permet pas. De partager ce sujet avec le monde, alors que chacun ne peut plus discuter in real. De me défouler (on en a bien besoin).
Le blog incarne par excellence le grand virage de notre monde. Il y a le feu, la roue, et le blog.
En un clic d'oeil, je me connecte à la grande toile-web, matrice flottante du monde. Mes pensées envahissent le monde. Thoughts Spreading. Certains parasites m'encerclent de leurs fils (RSS), m'épient, m'attendent, sans me saluer. Je ne les salue pas. D'ailleurs, je ne vous ai pas salué. Le blog, ce n'est pas la courtoisie. C'est "je dis donc je suis".
Mon blog, j'espère pouvoir tenir cette promesse, va régulièrement, de manière spontanée donner un reflet de notre monde. Le reflet qui se meut sur le miroir que je tiens.
Je vais dans quelques instants cliquer sur le lien "mettre en ligne l'article". Je me dis que je vais poser mon doigt sur a surface du miroir ; sa texture va courir sur ma main, l'avant-bras puis le bras, puis le corps entier, pour enfin envahir mon être tout entier par la gorge.
(Et puis non, Matrix n'est qu'une fiction... mais oui... ... bon, je clique... à tout de suite)