Jeudi 15 décembre 2005
4
15
/12
/2005
22:19
J'ai aujourd'hui écouté, un instant dans la voiture, un interview de Jacques Séguela sur Europe 1 donné, je crois, pas Tadeï. Intéressant.
Séguéla, c'est le papy de la pub. Nous ne sommes pas des "fils de pub" désormais, mais des petits-enfants de la pub... des petits enfants qui, comme les 68ards se sont opposés aux valeurs de leurs anciens, n'aiment plus la publicité. No Logo, Attac, José B., le livre noir de la pub, etc. sont autant de signes qui depuis 2/3 ans nous indiquent clairement que la pub n'est plus... n'est plus ce qu'elle était. Même si elle continue à faire rêver, on ne l'aime plus (cf. étude Ipsos d'Octobre 2005, dirigée entre autres par M; Leclabart, DG d'Australie).
La pub est désormais autre. Elle n'est plus seulement le spot TV 30'', elle est tout les moyens de communication qui s'harmonisent autour de l'idée de la marque, de l'entreprise et qui la font rayonner.
La publicité aujourd'hui, a étendue son champs de définition. La publicité, c'est la forme de la "relation" qu'engendre une marque avec sa cible, par tous les canaux.
Les gens ont peurs (cf. billet d'hier), ils se sentent vulnérables (d'ailleurs j'ai appris aujourd'hui que l'indice interculturel de "l'incertitude" est de 83 pour les français -record européen, 100 étant la note qualifiant l'incertitude maximale). Du coup les gens ont besoin de partenaires solides pour se sentir plus forts. Et les marques ont là quelque chose à jouer en créant une relation unique et forte avec son client. Elles doivent, quand elles le peuvent, mener un combat en son nom. Leclerc se bat contre le pouvoir au nom des consommteurs. Apple se bat contre l'uniformité monolithique au nom de ses clients. Le Fnac se bat pour l'ouverture de la culture à tous au nom de ses clients. Air France se bat pour la sérénité au nom de ses clients. Et c'est vrai que... on se sent mieux, plus fort, plus positif quand on est dans un hyper Leclerc que dans un hyper Carrefour, plus à l'aise à la Fnac que chez Virgin, plus confiant dans un avion Air France que dans un avion Lufthansa. On sent bien moins con quand on utilise un Apple qu'un IBM.
Pour conclure, Jacques Séguela n'a pas parlé de tout cela. Il a seulement expliqué ce qu'il a réussi à faire il y a 35 ans pour Afflelou et Vuitton. Il a dit qu'internet est le media de l'avenir (merci Jako pour l'info). Bref, malgré sa fonction de Créative Executive Director chez Havas, il faut que ses petits enfants lui disent merci, et le remercient. Il faut vite courir vers demain, vers la "publicité 360° relationnelle."
Par Matthieu Barré
-
Publié dans : la publicité
0
-
Recommander